Election présidentielle 2017 : quelles sont les valeurs que les français attribuent aux courants politiques et aux principaux candidats ?

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– Etude exclusive Viavoice / Wellcom* –

À l’approche de l’élection présidentielle, les principaux candidats ne cessent de se livrer à des échanges croisés sur les valeurs qu’ils défendent pour soutenir leurs différents discours de campagne.

Dans ce contexte – et comme en 2012 – Wellcom, conseil en communication experte dans le domaine des valeurs, s’est penché sur les valeurs des courants politiques et des candidats à la magistrature suprême.

Quelles valeurs sont de gauche ou de droite, de gauche et de droite, ou encore non identifiées ? Quelles valeurs sont portées par les principaux candidats à l’élection présidentielle ? A la faveur de la recomposition politique en cours, quelles divergences avec l’élection présidentielle de 2012 dans la manière qu’ont les Français de percevoir les valeurs de chaque famille politique ?

Les valeurs et ses couleurs politiques :
l’identification partisane des valeurs s’est nettement atténuée depuis 2012

  • Si l’Autorité (44%) reste la première valeur associée à la droite, celle-ci connaît un très net recul depuis 2012 (62% de citations, soit une baisse de 18 points).  En parallèle, la Sécurité connaît également un « déclin » marqué en tant que valeur associée à la droite (45% en 2012, 37% aujourd’hui, soit une baisse de 8 points), de même que le Patriotisme (de 43% à 37%, en baisse de 6 points). Cette évolution peut s’expliquer par un positionnement moins marqué des leaders actuels de la droite, notamment François Fillon, sur les questions régaliennes (sécurité, justice, immigration…) par rapport à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Au-delà de leurs aspects « symboliques », ces évolutions peuvent expliquer qu’en cinq ans de nombreux électeurs de droite sensibles aux thématiques sécuritaires voire « identitaires » aient reporté leur vote sur le Front national.
  • Comme à droite, les valeurs les plus « constitutives » de la gauche sont en repli : la Solidarité (40 % contre 56 % en 2012, en recul de 16 points), l’Humanisme (34 % contre 46 %, -12 points), la Générosité (32 % contre 43 %, -11 points), et dans une moindre mesure l’Ecologie (34 % contre 40 %, -6 points). Enfin, cinq valeurs qui recueillaient des scores supérieurs à 30 % sont aujourd’hui en dessous de ce score : Fraternité, Egalité, Proximité, Equité et LibertéLà encore, le relatif « abandon » par la gauche de ces valeurs ont pu profiter à d’autres forces politiques, qu’il s’agisse des « Insoumis » de Jean-Luc Mélenchon mais surtout du Front national, qui a progressé ces dernières années dans de nombreuses « terres de gauche » (comme les Hauts-de-France où Marine Le Pen a fait plus de 40 % dès le premier tour des élections régionales de 2015).

Les valeurs accordées par les français à chaque candidat : le Patriotisme à 50% pour Marine Le Pen, la Tradition pour François Fillon à 38% et le Travail pour Emmanuel Macron à 35%

Parmi les 25 grandes valeurs proposées aux Français, sélectionnées sur la base des valeurs identifiées sur les sites des partis politiques et des récents discours des candidats à l’élection présidentielle, les sondés ont rattaché chaque valeur à une tendance politique puis à un candidat. L’analyse révèle les cinq premières valeurs attribuées par les Français, selon leur propre perception et leur appartenance politique, à chacun des candidats :

  • Jean-Luc Mélenchon est identifié par les Français comme porteur en priorité des valeurs
    de Combativité (29%), de Solidarité (25%) et d’Humanisme (29%).Si le leader du mouvement « Les Insoumis » porte ainsi dans son « ADN » deux valeurs identifiées à gauche (Solidarité et Humanisme), il y ajoute donc la Combativité aujourd’hui davantage associée à la droite (23%) qu’à la gauche (10%), et par 30% des Français à aucune famille politique. Il est toutefois concurrencé sur ce créneau de la Combativité tant par Marine Le Pen (33%) que par Emmanuel Macron (31%).
  • Benoît Hamon, comme Jean-Luc Mélenchon, porte à travers sa candidature deux valeurs particulièrement associées à la gauche : la Solidarité (28%) et l’Humanisme (22%) auquel il y ajoute la Démocratie (23%).On note par ailleurs qu’en dépit de sa victoire à la Primaire sur un programme relativement nouveau, construit en opposition à la politique du quinquennat, le candidat socialiste porte, dans le même ordre, ces trois mêmes valeurs sur lesquelles était identifié François Hollande en 2012. Preuve s’il en est qu’en dépit des divisions à gauche, la « famille socialiste » est toujours identifiée par les électeurs sur un certain nombre de valeurs constitutives de son identité.
  • Emmanuel Macron porte de manière très marquée trois valeurs « socles » liées à sa candidature : le Travail (35%) la Combativité (31%) et la Performance (30%). L’analyse de ces valeurs permet en outre une compréhension du « phénomène Macron », passé en quelques années de l’anonymat au statut de favori pour la prochaine élection présidentielle, et de son positionnement souhaitant dépasser la gauche et la droite. Ainsi, des trois valeurs formant son profil, aucune n’est associée de manière marquée à l’une des familles politiques traditionnelles : en « cooptant » ces valeurs, il se place donc sur un créneau nouveau et attendu d’une grande partie de l’opinion : celle de l’efficacité.
  • La candidature de François Fillon porte à la fois la marque des valeurs de la droite et les valeurs portées par Nicolas Sarkozy en 2012 (Autorité, Combativité, Travail) puisque le candidat LR est d’abord associé à la Tradition (38%), à l’Autorité (34%) et au Travail (29%). Pour autant, sa candidature se démarque de celle de Nicolas Sarkozy en 2012 au sens où elle porte moins les valeurs d’Autorité, de Travail, de Sécurité ou encore de Patriotisme, mais davantage la Tradition, en lien avec ses prises de position sur ses valeurs religieuses.
  • Marine Le Pen bénéficie sans aucun doute d’un avantage majeur dans cette campagne
    qui est d’être associée fortement à cinq valeurs : le Patriotisme (50%), l’Autorité (43%), la Tradition (39%), la Sécurité (37%) et la Combativité (33%). Et si la Présidente du FN partage ces valeurs avec un certain nombre de ses concurrents (la Combativité avec Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, la Tradition et l’Autorité avec François Fillon), il est à noter qu’elle dépasse systématiquement ses concurrents sur chacune de ces valeurs.

En synthèse : de nombreuses valeurs ne sont plus associées à une famille politique en particulier ; elles sont aussi considérées comme délaissées par la droite comme par la gauche. Les valeurs deviennent davantage « transpartisanes » et sont « désidéologisées ». Deux candidatures se caractérisent par une dynamique d’identification plus forte et par un positionnement marqué, susceptibles de générer de l’engagement : Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

*Méthodologie de l’étude Wellcom / Viavoice :

L’étude « Valeurs et Politique » a été réalisée en ligne par l’institut Viavoice du 6 au 9 février 2017 auprès d’un échantillon de 1017 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas, appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession de l’interviewé, région et catégorie d’agglomération. Il s’agit de la 2èmevague d’une étude réalisée à l’identique en 2002. Comme tout sondage, les résultats de cette étude donnent lieu à des marges d’erreur statistiques qui correspondent à l’intervalle de confiance situé de part et d’autre de la valeur recueillie. A titre indicatif, les marges d’erreur admises pour un sondage de 1000 personnes sont de 1,4 pour un pourcentage de 5% ou 95% et de 3,1 pour un pourcentage de 50%.

*Wellcom et les valeurs : une expertise ancrée depuis plus de 15 ans

Wellcom s’intéresse aux valeurs d’entreprise depuis de nombreuses années, avec à l’appui déjà 4 études conduites sur les valeurs corporate en France et à l’international (Index International des Valeurs Corporate®), et une étude sur les valeurs de marques-produits (Marketing Brand Values Index®). Thierry Wellhoff, Président et fondateur de l’agence Wellcom, est notamment l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet dont «  Les Valeurs : Donner du sens, gérer la communication, construire la réputation » (Eyrolles-2009, réédité en 2010) et « L’entreprise en 80 valeurs », co-écrit avec Jean-François Claude (Editions Liaisons-2011).

Pour accéder à l’étude complète, cliquez ici.

 

 

Transparence des lobbies : le projet de décret du gouvernement qui risque d’affaiblir la loi

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La loi Sapin II promulguée le 9 décembre dernier, prévoit la création d’un registre numérique des représentants d’intérêts. L’objectif de ce registre est de permettre aux citoyens de s’informer sur le cheminement des décisions publiques.

Le projet de décret visant à définir les modalités de publication du registre a récemment fuité dans la presse et semble aller à l’encontre des ambitions de la loi.

Elsa Foucraut, responsable du plaidoyer -comprendre, lobbyiste – pour Transparency France, ONG de lutte contre la corruption déplore que « les représentants d’intérêts n’auraient à inscrire sur le registre ni leurs positions publiques, ni le nom des parlementaires rencontrés, ni la date de ces rencontres ».

Elle conclue « le lobbying est un rouage naturel de la démocratie, à condition qu’il soit exercé avec transparence et probité. Si on opère de manière éthique, on n’a pas à avoir peur de ce registre ».

 Pour lire l’article complet de Marianne, cliquez ici.

La lutte contre l’exclusion numérique, enjeu majeur des pouvoirs publics

2068182_les-oublies-du-numerique-un-defi-pour-letat-web-tete-02118342927628 millions de français n’ont aujourd’hui pas de connexion internet chez eux. Cette « exclusion numérique » concerne principalement les personnes désintéressées des technologies et les gens les plus modestes.

La dématérialisation massive des services publics a donné une nouvelle acuité à ce phénomène. L’enjeu pour les administrations est important : la numérisation permet une large diminution des coûts. Mais cette révolution laisse démunis les millions de personnes sans accès à internet ou incapables d’utiliser un ordinateur.

« Le numérique accroît les inégalités territoriales. C’est dans les territoires les plus défavorisés que la fracture est la plus profonde » relève Pascal Plantard, chercheur au CREAD.

Les pouvoirs publics ont envisagé la formation aux technologies de ces « exclus du numérique ». Mais une telle formation a un coût et elle n’est pour l’heure pas financée.

Pour plus d’informations, voir l’article des Echos.

Véhicules autonomes : développement et régulation

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La nouvelle administration américaine (Elaine Chao, en charge des transports) souhaite revoir le cadre normatif afin d’accélérer le développement des véhicules autonomes. L’article de Reuters.

De l’autre côté de l’atlantique, la nouvelle European Automotive Telecom Alliance (EATA) a présenté sa feuille de route.

Internet est-il politique ou politisé ?

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L’omniprésence d’internet dans nos vies nous amène à questionner notre rapport au réel et à nos certitudes. Suis-je observateur, commentateur ou acteur de la communauté dans laquelle je m’inscris ? Quelle est la puissance et la portée de mon clic ?

Parce qu’il est un méta-média et parce qu’il donne potentiellement la parole à tous, internet est par nature politisé

Alors que l’année 2017 débute par une primaire et que les prochains mois seront marqués par trois élections majeures, alors que les « surprises » électorales se suivent, que le Brexit et l’élection de TRUMP semblent avoir déjoué toutes les observations et tous les pronostics,  nous devons nous interroger : ne sommes-nous pas enfermés dans des bulles informationnelles, ne lisant dans Facebook ou Twitter que ce qui vient d’amis qui pensent comme nous, ce qui nous rend aveugles à tout ce qui se passe ailleurs, dans d’autres sphères sociales et politiques ?

A cette question, Eli PARISER répond « Oui, nous sommes enfermé dans une bulle de filtres » et il décrit la situation de l’internaute exposé à des informations qui sont le résultat, sans qu’il ne s’en rende compte, d’une personnalisation mise en place par des algorithmes. Pourtant, une étude publiée en 2015 par le MIT nuance cette vision. Les utilisateurs de Facebook seraient plus exposés qu’on ne le croie à des opinions en contradiction avec les leurs. En moyenne, 20% des avis politiques auxquels ils sont confrontés sur le réseau social contredisent les leurs. Il y a donc bien une mécanique inconsciente de confirmation de ses opinions, mais on ne peut pas parler de bulles informationnelles dans lesquelles il n’y aurait que de l’identité et jamais de différence ou d’altérité.

Les premiers pas d’un internet politisé à un internet politique

Il y a aujourd’hui un nombre conséquent de pétitions en ligne pour lesquelles chacun est libre de signer. Certaines de ces pétitions atteignent la centaine de milliers de signatures. Des sites sont dédiés à ce type d’action, comme Avaaz ou Change.org.

On peut y voir la forme la plus minimale de l’engagement, ou y voir au contraire, un outil adéquat à notre situation technologique et politique :

  • Le partage de contenus et de liens hypertextes appartient à l’ADN d’Internet. La pétition en ligne y trouve une place naturelle. Les réseaux sociaux permettant d’assurer une diffusion large (voire massive) de ces prises de position qui constituent de très forts vecteurs d’influence.
  • Les pétitions réussissent là où les organisations classiques de la politique sont aujourd’hui en difficulté : elles permettent de défendre des causes ponctuelles et mouvantes, sans les freins de la cohérence idéologique ou les mots d’ordre des appareils. La pétition produit des agglomérats conjoncturels de « je » qui forment un « nous » le temps d’un combat. La pétition est au croisement de l’individualisme contemporain et de l’engagement politique.
  • Le collectif qui « pétitionne » restaure ponctuellement l’idéal d’une démocratie directe délivrée de ces « représentants » qui cristallisent aujourd’hui la défiance.

Il reste encore un (long) chemin

La mobilisation, même sincère et engageante, sur internet ne se traduit pas nécessairement lors des grands rendez-vous électoraux. La conversion de la vie démocratique sur Internet, en une vie démocratique institutionnelle, reste difficile.

Lorsque les Français sont interrogés sur leurs perceptions la vie publique, ils font part de leurs souhaits d’une vie démocratique plus transparente, d’organisations politiques plus ouvertes, d’une représentativité des élus plus accrue et d’un développement des possibilités de participation à la production législative. Pourtant, l’engagement dans les partis politiques chute et l’abstention atteint des niveaux record et les tentatives d’innovation politiques restent marginales.

Etrange paradoxe, on peut désirer de nouvelles formes démocratiques, une participation plus active à la vie publique, sans pour autant activer soi-même les leviers de la rénovation démocratique..

Quelques tentatives d’innovations politiques émergent. Une primaire citoyenne, ouverte et apolitique s’est tenue fin 2016. Près de 130.000 internautes se sont prononcés, mais seulement un quart de l’objectif de dons a été atteint. Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET a tenté de se saisir de ces aspirations durant les primaires de la Droite et du Centre. C’est désormais Emmanuel MACRON, dont le mouvement est tout entier organisé autour d’une plateforme numérique, qui tente de résoudre cette difficile équation. Mai 2017 marquera-t-il l’union des sphères numériques et institutionnelles ?

Le numérique au service de la législation européenne

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Afin d’être la meilleure possible, la décision publique doit être informée. Comment réglementer un secteur si l’on ignore tout de ses réalités techniques, économiques, sociales et juridiques ? Il s’agit de déterminer par l’analyse et l’argumentation, l’expression optimum de l’intérêt général. Se dessine ainsi un espace démocratique construit sur la confrontation réglée des faits, des intérêts et des points de vue.

Le digital constitue un puissant accélérateur dans ce processus. Parce qu’il démultiplie l’accès à l’information et permet la participation, il apparaît comme un catalyseur qui contribue fortement à la dynamisation de la vie démocratique.

Suite aux élections européennes de 2014, la Commission du nouveau président Jean-Claude Juncker s’est engagée sur différents dossiers. Le Parlement européen, qui a le contrôle démocratique sur cet organe de l’exécutif, tient à s’assurer que ces promesses soient tenues et a, pour cela, développé un nouvel outil en ligne. Celui-ci permet de suivre les législations proposées par la Commission, ainsi que leur état d’avancement : le train législatif.

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Cliquez sur un wagon pour en savoir plus sur le projet de loi, la priorité qu’il concerne et les députés européens impliqués.

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Pour chaque législation, un horaire indique quand le projet a été soumis au Parlement. Il est aussi possible de s’informer sur les propositions actuellement bloquées dans le processus législatif et au niveau de quelle institution.

Accessible gratuitement à tous, professionnels, élus ou simples citoyens, cette base de données vient naturellement compléter tous les outils numériques en permettant de rendre plus lisible et compréhensible le cheminement de la décision publique européenne.

Aidée par le  numérique, la Commission répond ainsi aux critiques régulières qui lui sont faites, relatives à son manque de communication et à l’opacité de ses actes. La dimension informative de cet outil permet d’améliorer la compréhension de l’Union Européenne et facilite l’exercice du lobbying.

Civic techs, la démocratie au bout des doigts

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La Civic Tech regroupe l’ensemble des technologies et innovations au service de la participation citoyenne et de la démocratie ouverte. Une technologie civique dont la finalité serait de renforcer le lien démocratique entre citoyens et gouvernements, afin de permettre, tantôt d’accroître le pouvoir des citoyens sur la vie politique, tantôt de rendre un gouvernement plus accessible et plus efficient.

Dans un système politique basé sur la démocratie représentative, la mobilisation des électeurs est l’élément qui légitime les résultats des votes. Que faire, dès lors, si la participation chute et/ou si le vote blanc atteint des niveaux historiques à chaque élection ? Considérer que les citoyens font le choix de s’auto-exclure du jeu politique et que ces gestes témoignent d’un total désintérêt pour la gouvernance publique n’est pas une analyse satisfaisante. Beaucoup d’universitaires, à l’instar d’Anne Muxel et Nathalie Dompnier, se sont intéressés au phénomène d’abstention « dans le jeu politique » (à opposer à l’abstention « hors du jeu politique ») et se sont attachés à rendre compte des malaises et frustrations démocratiques dont celui-ci témoigne.

Une dynamique numérique tente actuellement de proposer des réponses à ces frustrations. En contact quotidien avec des technologies qui ont déjà bouleversé un grand nombre de nos habitudes, il est finalement assez logique que le politique, voire la politique, s’empare de ce canal.

S’il est trop tôt pour dire si ce mouvement sera à l’origine d’une véritable disruption de la vie publique, il faut reconnaitre que ces projets permettent de réinjecter de la démocratie directe. Les Civic Tech se déploient dans trois domaines : l’empowerment démocratique, la transparence de la vie publique et la mobilisation citoyenne.

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En France, une des Civic Techshistoriques a été développée par l’association Regards Citoyens. Avec NosDéputés.fr et NosSénateurs.fr, l’association citoyenne propose depuis la fin des années 2000, des outils de suivi et de mise en valeur de l’activité de nos parlementaires.

Depuis, un grand nombre de solutions ont vu le jour. Rapide tour d’horizon :

Voxe, le comparateur de programmes en quelques clics. Lancé en 2012, Voxe a déjà « couvert » 23 élections, dans 16 pays, et éclairé près de 4 millions de citoyens avant de glisser leur enveloppe dans l’urne. En France, le site s’est impliqué dans tous les grands scrutins depuis 2012 (présidentielles, législatives, municipales, régionales).

Accropolis, le youtubeur qui va vous faire aimer la vie parlementaire. Outil de vulgarisation de la vie parlementaire d’une grande qualité, cette chaine Youtube vous propose les premiers streamings politiques français. A l’instar de ce qui se fait pour le e-sport, Jean Massiet (28 ans) revient avec pédagogie et humour sur les grandes actualités politiques françaises et commente en direct les questions au Gouvernement (traditionnellement diffusées sur France3).

Neocity, Democracy OS et Fluicity, la politique locale avec de vrais morceaux de démocratie directe dedans. Les élus peuvent s’y adresser directement à leurs administrés, les informer des projets en cours dans leur quartier, leur envoyer des notifications tout en ciblant la communication pour qu’elle soit plus efficace.

50+1 et Nation Builder, la data au service du porte-à-porte. On pouvait penser la pratique désuète, elle a été remise au goût du jour lors des dernières campagnes électorales américaines, notamment celle de Barack Obama en 2008. Des solutions basées sur l’exploitation de datas permettent d’optimiser le porte-à-porte en ciblant les hotspots et d’adapter les argumentaires des militants.

Avec une année 2017 particulièrement chargée sur le plan électoral (élections présidentielle, législatives et sénatoriales), nulle doute que le boom des Civic Techs ne fait que commencer. Reste que ce mouvement pose au moins autant de questions qu’il n’apporte de réponses. Beaucoup de gens connaissent Change.org et peuvent y voir un outil particulièrement intéressant pour se faire entendre. Mais, quelle position adopter quant à la revente des informations personnelles faite par le site ou sur l’effet immensément grossissant qu’il génère ? La pétition contre la loi Travail a recueilli plus de 1,3 million de signataires. Ce qui est très important pour une pétition en France, est très loin d’être représentatif sur le plan démocratique (moins de 2% du corps électoral).

Pour aller plus loin, vous pouvez suivre l’actualité de la Civic Tech sur CivicTechno.


Article écrit par Frédéric Geney et initialement publié sur le Guide Social Media, blog d’actualité et réflexions digitales de l’agence Wellcom.

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