Entreprises : affaires publiques et lobbying quelles pratiques pour quels objectifs ?

Teacher

Si les entreprises peuvent pressentir l’intérêt d’une stratégie d’influence en direction des décideurs publics, les objectifs à suivre et les pratiques associées ne sont pas toujours perçus clairement. De même, les termes d’affaires publiques et de lobbying se trouvent souvent confondus.

Essayons d’y voir plus clair…

Un premier objectif consiste à valoriser l’image de l’entreprise, générer des opinions positives
et susciter de l’engagement. Il s’agit notamment :

  • D’accroître la notoriété et l’attractivité de l’entreprise auprès des élus et des acteurs publics
    au niveau local, régional et national.
  • De construire et d’animer des partenariats avec les différents acteurs publics
    (collectivités, organismes, administrations..).
  • De faire le lien entre les attentes des élus (au niveau local et/ou national) et les chargés d’affaires de l’entreprise.

On parle alors « d’affaires publiques ».

Un deuxième objectif consiste à anticiper les évolutions réglementaires et à réagir aux décisions publiques. Ce qui suppose notamment d’organiser une veille des thèmes et des prises de position liées aux activités et aux intérêts de l’entreprise.

Il s’agit ici « d’affaires publiques et de lobbying ».

Un troisième objectif consiste enfin à défendre et à promouvoir directement les intérêts
de l’entreprise. Ce qui suppose notamment de :

  • Protéger l’environnement administratif, juridique et politique de l’entreprise.
  • Assurer la transmission des intérêts de l’entreprise auprès des décideurs publics
    dans le cadre de l’élaboration de la loi et de la réglementation.

On parle alors, au sens strict, de « lobbying ».

Pourquoi faire des affaires publiques et du lobbying ?

Teacher

  • Pour gérer l’image et la réputation auprès des acteurs publics
  • Pour infléchir ou modifier la règle du jeu législatif ou réglementaire
  • Pour créer de l’engagement en alliant intérêts professionnels et intérêt général

Quels enjeux pour les entreprises et les organisations ?

Des enjeux corporate

  • Acceptabilité de l’entreprise et de son activité
  • Réputation et notoriété de l’entreprise auprès des pouvoirs publics
  • Image de l’entreprise relativement à des problématiques d’intérêt général : emploi, social, sécurité, environnement…

Des enjeux commerciaux

  • Autorisation d’activité
  • Autorisation de produit
  • Réglementation et normes liées à un brevet, un produit ou un service.
  • Développement d’un produit ou d’un service en réponse à un besoin public

Quelques exemples d’enjeux pour différents acteurs et secteurs d’activité

  • Mettre en place une fiscalité incitative (constructeur immobilier)
  • Restaurer la réputation des acteurs financiers et devenir un partenaire de confiance (banque)
  • Optimiser les contraintes et optimiser les normes encadrant la production (industriel)
  • Défendre et promouvoir les intérêts économiques d’un secteur (fédérations professionnelles)
  • Exercer un plaidoyer efficace auprès des pouvoirs publics (association, ONG)

Affaires publiques et lobbying kézako ?

Teacher

Les termes « affaires publiques » et « lobbying » ne sont pas systématiquement distingués, particulièrement en dehors du monde anglo-saxon.

Le rapport aux décideurs, élus et pouvoirs publics, constitue un fil rouge : les « publics affairs » étant alors en amont du processus d’influence et le « lobbying » en aval.

Et concrètement ?…

Si les affaires publiques s’appliquent à la gestion de l’image et de la réputation auprès des décideurs publics ; le lobbying désigne, lui, les actions d’influence conduites par des représentants d’intérêts.

Ces deux méthodes partagent un objectif commun. Il s’agit d’intervenir dans le débat public, dans le processus de décision publique, dans l’élaboration des lois et des normes afin de transmettre des informations et faire valoir des intérêts.

Aujourd’hui, qui utilise les affaires publiques et le lobbying ?

Potentiellement, tout le monde. On pense assez rapidement aux entreprises et aux représentants d’une profession. Mais, les associations d’usagers, les organisations non gouvernementales et même les institutions publiques y ont recours. Ce sont des usages qui sont fréquemment intégrés aux stratégies opérationnelles.

Et aujourd’hui ?

Les capitales du lobbying sont Washington et Bruxelles. La pratique est pleinement intégrée (et réglementée) dans l’univers anglo-saxon et à l’échelle européenne. Alors que la profession sent encore le souffre en France…

Le lobbying, c’est toute une histoire ?

Teacher

Oui et une histoire pas si récente !

Aux Etats-Unis, le 1er amendement de la constitution garantit dès 1791 le droit des citoyens « d’adresser à l’Etat des pétitions pour obtenir réparation des torts subis ».

En 1869, alors que la Maison Blanche est partiellement détruite, le Général Grant prend ses quartiers dans un grand hôtel de Washington. Les représentants d’intérêt vont et viennent pour tenter de faire avancer leurs dossiers. Grant les reçoit dans le « lobby » (« vestibule ») de l’hôtel. D’où le surnom qu’il leur donnera : lobbyist.

Faire du lobbying signifie alors littéralement « faire antichambre », être à proximité du pouvoir, rencontrer ceux qui l’exerce, agir sur eux afin de faire valoir un point de vue, un intérêt.

Et en France ?

Là, ce fut un peu plus compliqué… En 1791, la France vote la loi Le Chapelier qui proscrit les organisations ouvrières, notamment les corporations des métiers, mais également les rassemblements paysans et ouvriers ainsi que le compagnonnage. Autrement dit, tous les corps intermédiaires (et leurs revendications) sont abolis. L’Etat est sensé détenir le monopole de l’intérêt général. Notre méfiance à l’égard du lobbying commence là et cette histoire dure encore !

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